Les maillons de la chaine

  • Isabelle D. Foret

Mon école n’est pas une entreprise, c’est une famille. Du moins c’est ainsi que je la conçois, que je la rêve. La penser en chiffres et en rentabilité lui enlève son essence. Pourtant c’est souvent ainsi que certains la gèrent. Mais un enfant n’est pas un numéro dans un bilan de fin d’année, un enfant ça a des sentiments, des peurs, des envies, des doutes… et un enseignant aussi !

L’enseignant n’est souvent pris que comme un maillon de la chaine, on le rentabilise au maximum, quitte à tirer dessus chaque jour un peu plus ; sauf qu’une chaine qu’on étire à l’infini finit toujours par casser. Alors les chiffres sont mauvais et on pense que c’est la faute de ce maillon faible, pas un instant on ne réalise que ce n’est que la pression sur la chaine qui a provoqué cette catastrophe.

Dans une famille, on se parle, on s’entraide, on s’encourage et on se soutient les jours difficiles, du moins dans l’idéal, du moins dans mon rêve d’école empathique. Et pourtant oui ce rêve est possible, je l’ai déjà vécu, c’est donc une preuve ; et l’école fonctionnait comme jamais auparavant ! Un mot gentil chaque matin, ça fait toute la différence : le maillon faible de la chaine resserre son attache, celui à côté de lui l’aide à le faire et tous les autres, ensemble, le remettent debout. Alors, ces fameux chiffres si chers aux chefs d’entreprise remontent, sans que l’on n’ait rien fait d’autre que soutenir.

Je ne dis pas que c’est la réponse à tout, je ne dis pas que la bienveillance et l’empathie résolvent tous les problèmes, je dis seulement que c’est la première réponse à donner, non seulement en cas de problème, mais surtout et avant tout, pour les éviter !

C’est mon rêve d’école, où celle-ci serait une famille, et la meilleure façon de grandir à mon sens.  

I.D.F.

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